Quand je sors de chez ma Madame, je vais au resto ou je me fais une bouffe. C'est émotionel. Cette semaine je me suis pointée au Bleu Raisin, restaurant de mon ami Fred. C'est à La Prunelle sur Duluth que tout a commencé. J'étais folle dingue du Martin (Voir les archives) et je passais des soirées au bar, lorsqu'il travaillait, pour manger, boire un café ou juste le regarder travailler (Pas de commentaire.) Il m'a présenté les gens de la cuisine. Y'avait des gens dont je ne me souviens plus des noms et y'avait Fred. Le génie derrière la bouffe. Moitié français, moitié italien. Lyonnais émigré au Québec, passionné du terroir d'ici, la barbe pas faite, le bandana sur la tête en parfaite maîtrise de ses poêles et casseroles. Un vrai Chef. Séduite du premier coup, la fille. J'ai tranquillement délaissé le bar de Martin pour squatter l'entrée de la minuscule cuisine, pendant 1h, puis un service, puis deux services, puis jusqu'à la fermeture, moment béni où on ouvre une bouteille et que la brigade mange enfin à son tour.
J'ai appris à connaître Fred, à apprécier son humour et sa cuisine. Puis le confort est venu, je lui disais de parler plus fort (désolée Fred, mais des fois tu marmonnes O_o) ou que sa soupe était trop salée. J'ai fini par installer mes pénates sur une chaise entre les toilettes et la cuisine. J'ai lèché des spatules, gratté des fond de plat, goûté des sauces, humé des fumets.
Un jour je suis partie en Europe et Fred a quitté La Prunelle. À mon retour je ne pensais plus du tout au Martin et j'ai retrouvé le chef au Bleu Raisin. Il n'y avait plus de place pour ma chaise, mais je me suis trouvée un coin, toujours entre les toilettes et la porte de la réserve, tout juste en face du passe de la cuisine. Techniquement c'est en plein dans le chemin de tout le monde (serveur, fournisseurs et cuisiniers inclus!) Mais c'est mon spot. C'est là encore que mercredi dernier je me suis installée pour un service presque complet. Jonathan finissait un fumet de poisson (je vous dis même pas ce qu'il y avait dedans...), Fred coupait des pommes. On est parti chercher une commande au Marché Jean-Talon pour revenir en même temps que les premiers clients.
-Qu'est-ce qu'on mange?
-Ben on ouvre le rosé avant!
-Ok!
Les bouchées: Rillettes de je sais plus quoi avec gingembre (ça c'est Jonathan, franchement malade!) bisque de homard et crème fouettée à l'huile de bras, magret de canard séché maison.
L'entrée: Ils essaient fort de ma faire changer sur ce coup-là mais je résisterai tant qu'il y en aura: pot de champignons sauvages et escargots MIAMEUH!
Un tiens-goûte-à-ça: Crevette à l'orange sur fromage frais et poireaux vinaigrette. Complètement estival.
Tentative de nouveau dessert: purée d'abricot, lychee frais, framboise et alcool (Fred je sais plus c'est quoi, le machin Lafortune) Bref une chance que j'y ai goûté en premier. L'alcool et les lychees c'était beaucoup trop. Faut éliminer un des deux. Personnellement je laisserais tomber l'alcool. Jonathan suggérait une mousse au chocolat à la place. Et une mousse au poire??? (Je dis ça de même, là)
C'était merveilleux, comme toujours. Le bruit, les odeurs, la chaleur, le savoir-faire, la création de bonheur à l'assiette. La cuisine de Fred c'est le meilleur endroit au monde, et y'a que moi qui ai le privilège d'y manger. Nah!
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