Entendu à mon sujet lundi soir:
Elle a un coeur de pierre et j'ai très honte d'elle. Les gens vont remarquer son absence et demander où elle est. Elle n'a aucune reconnaissance et je vais la déshériter. Y'a rien d'étonnant à ce qu'elle se retrouve dans le village gai avec les pervers!!! Je souhaite que Dieu ait pitié de son âme!!!
Laisser sur mon répondeur la veille:
Je sais que tu as un grand coeur d'or, ton comportement dénote une très grande insensibilité (???)
La raison: Mon absence controversée au salon funéraire mardi.
Est-ce que je suis la seule à avoir un parent cinglé? Est-ce que vous vous êtes déjà fait dire des choses aussi désagréables? J'avais l'impression qu'une mère ça vous aimait inconditionnellement. Que ça vous supportait, encourageait, embrassait, respectait. Je croyais qu'on pouvait tout lui dire parce que de toute façon tout irait bien. J'imaginais que ça aimait.
Ça fait 15 ans que ça dure. Y'a pas de mot pour décrire ce qu'on ressent après 15 ans d'attaque à boulet rouge. À bout portant. Ça en a fait rire plus d'un, cette remarque. Moi, je suis plus capable d'en rire. J'aurais voulu être un grand personnage. Exceller dans tout ce que j'aurais entrepris. Être un chef réputé, avoir mon resto. Être une journaliste suivie par des milliers de lecteurs. J'aurais voulu aller aux Olympiques. J'ai 30ans et je ne pratique aucun sport de manière assidue et je me surprends encore à espérer y aller.
J'ai toujours été tirée vers le fond.
T'es folle. T'as trop d'imagination. Tu y arriveras pas. Personne va t'aimer. Tout le monde te regarde, tu me fais honte. Ingrate. Mal élevée. Putain. Niaiseuse. Pas de cervelle. T'es l'incarnation du diable. Tout le monde à mon bureau te trouve conne. Y'a rien que ton chat qui va encore vouloir de toi.
Je vous entend déjà. On fait son chemin tout seul, on est maître de notre vie. Il faut se moquer de ce que les autres pensent. Il est jamais trop tard. On ne doit jamais s'oublié. Blah, blah-blah, blah. Oui oui, c'est tout vrai, mais comment on fait?
La bonne nouvelle là-dedans c'est que ce sera la première et la dernière fois que j'en parle.
On choisi pas sa mère, mais on peut la jeter n'importe quand.
Je l'ai jeté mercredi au moment même où on enterrait ma grand-mère.
Je suis sincèrement désolée pour ta grand-mère, ton récit me touche beaucoup. J'aime te lire ma belle, on est dûe pour une bière hein!
RépondreEffacerJe me retrouve bien dans tes mots...cela nous promet de belles discussions :)A très vite!
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