9.10.12

Sauver le mariage

Est-ce que ce dimanche n'était pas le plus beau dimanche que vous ayez jamais vu? Est-ce que le soleil d'automne n'enrichissait pas de sa radieuse lumière toutes les couleurs de l'homme et de la nature? La petite Karine et moi nous sommes jointes à cette palette bigarrée pour une longue promenade. Journée radieuse, fraîche et chaleureuse à la fois. Foule anonyme. C'était parfait pour les confidences, les promesses, les pardons et les serments.

Au détour de l'une de nos dérivations nous nous sommes vues, mille fois reflétées, dans les vitres glacées de voitures blanches. Une belle d'époque, charmante toute en rondeur et deux limo-SUV saveur hip-hop. Moins enchantées par les voitures que par l'idée de voir la mariée, nous sommes entrées dans l'église par une porte de côté en se promettant de bien se tenir. Nous sommes tombées nez à nez avec la mariée était cachée derrière. Sa robe de bal blanche contrastait sur sa peau ébène. Radieuse, confiante, magnifique, elle ne s'est pas préoccupée de notre présence. Karine et moi étions figée dans le portique, à la regarder. Un petit homme nerveux est alors passé devant nous et a autoritairement verrouillé la porte. Nous étions prises au piège. À peine le temps de se remettre de cette idée, la porte s'ébranla sans cèder. Le mouvement repris une deuxième fois et des coups retentirent. La mariée profitant de notre présence nous demanda de vérifier la porte. «Barrée» qu'on lui dit. «On va aller voir les autres portes et on revient» Nous sommes alors entrées dans l'église bondée. 4 ou 5 demoiselles d'honneurs cheveux remontés et robe bustier violette moulant leur corps, trépignaient d'impatience. Encore une fois nous n'avons à peine provoquer qu'un haussement de sourcils de leur part. 3 petites filles en robe blanche, portant des paniers remplis de pétals de rose se chamaillaient gentiment. Nous nous sommes précipitées vers la porte centrale: fouilli sur porte verrouillée. Notre dernière tentative sur la 3e porte ne fut pas plus fructueuse. Retour à la mariée, les coups, tout à l'heure polis, étaient maintenant plus qu'insistant. 

Nous: «Toutes les portes sont fermées...» 
Elle: «Demandez à une demoiselle d'honneur»
On va lui en chercher une: «Excusez-nous, mais la mariée voudrait vous dire un mot, les portes sont verrouillées et des invités arrivent encore.»
Elles: «Hein? Quoi? Comment ça? Il est ou M. Chose? En avant de l'église?? Faut aller le chercher, il a fermer la porte!»

Karine et moi, satisfaite de notre mission, nous sommes assises sur le premier banc qu'on a vu. C'est-à-dire, dernière rangée au fond dans un coin. On a vu la mariée sortir de sa cachette à pas de loup et s'engouffrer derrière une porte, puis le cortège d'invités qui se gelait la jambe nue pour madame et qui se brisait le point pour monsieur. Quelques instants plus tard, la musique résonna dans la nef, deux matronnes s'avancèrent dans l'allée tandis qu'une troisième, ajustait le voile, étalait la traîne et secouait la poitrine de la mariée, question qu'elle soit certe jolie, mais surtout plantureuse dans son bustier. Un air R&B marqua le tempo pour les garçons d'honneur qui remontèrent l'allée centrale pour accueillir les demoiselles en violet. Puis suivirent les petites princesses, jetant des pétals au sol. La mariée, menée par son père franchit le portail. L'assemblée tirée à quatre épingles se leva, iphone, appareil photo et cellulaire en main pour immortaliser le moment. À ce stade-là Karine filmait aussi en se moquant du fait que je pleurais déjà. 

Nous avons discrètement quitté les lieux, avant qu'on nous y enferme une autre fois. Karine avait un souper pour l'action de Grâce. Ça l'aurait pas fait s'il avait fallu qu'on reste pour toute la cérémonie. Nous nous sommes remerciées d'avoir été présentes au bon moment, permettant in extremis l'accès à l'église à plus d'une quinzaine de retardataires. L'air frais nous ramena à notre conversation comme si les événements des dernières minutes n'avaient jamais eu lieu.
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28.8.12

Les allergies

Mes allergies m'accablent. D'autant plus que mes moyens financiers sont si réduits que j'ai dû passer trois jours sans médocs. Ceux qui n'ont pas d'allergies ne peuvent pas comprendre à quel point elles sont handicapantes. J'ai dû annuler un souper hier parce qu'un ruisseau de morve claire me barrait la face. C'est toujours pire au réveil et au moment d'aller dormir, j'sais pas pourquoi. En tout cas hier soir j'ai bataillé longtemps l'envie irrépressible de me tirer une balle en plein visage, question de me soulager. Les yeux qui piquent, c'est pas juste des yeux qui piquent. C'est l'intérieur des paupières qui démangent jusqu'à l'inflammation. On a envie de les retourner pour y passer une pierre ponce. S'y ajoutent des larmoiements épais, collants, qui voilent la vision et des poches qui ont dû faire penser à d'anciens collègues de travail que j'étais au bord du précipice. Mais la grande vedette c'est l'appendice nasal. Principale cible de l'arme à feu. Il démange-chatouille. Perpétuellement à mi-chemin du confort et de l'éternuement. Congestionné jusqu'à la limite du cerveau, il empêche de respirer, mais n'empèche pas l'écoulement incontrôlable de ce qui pourrait être confondu avec de l'eau. Ce flot inarrêtable dégouline inexorablement le long de la lèvre supérieure, passe par la commissure de la dite lèvre, roule jusqu'au menton et à l'audace de s'échaper jusqu'à l'épaule via le cou de manière aussi soudaine qu'imprévisible. Je redoutais l'usage du mouchoir au plus haut point parce qu'à ce stade mes narines étaient violacées d'irritation et je ne pouvais reniffler cause de congestion. Tant pis, je me suis tenue au-dessus du lavabo pour presser comme un citron mon disgracieux organe. Son état malencontreux a bien entendu influé sur tout ce qui lui est connecté. Oreilles, palais, sinus, tous démangeaient violemment. Comment on se gratte les sinus? On gratte pas, on se tape le front. J'ai frotté mon palais avec ma lanque à en avoir des crampes. En fait j'ai du me résoudre à manger mou, parce que le palais c'est fragile et après un moment, ben il démange ET il fait mal. J'ai tant bien que mal fini par m'endormir, mais la ligue des symptômes m'a réveillé vert 4h. Un chapelet d'éternuements, que des pincements répétés n'ont su freiner, a alors fini d'achever mon nerf sciatique déjà fragilisé. Je me suis donc extirpée du lit pour me couler un bain chaud dans lequel je me suis rendormi en comptant, non pas les moutons, mais les minutes qui me séparaient de l'ouverture de la pharmacie. Ceci étant la preuve que les allergies altèrent le jugement. Je suis retournée dans mon lit aux premières lueur du jour, ratatinée comme jamais, le sciatique à peine relâché. Ce n'est que vers 10h que je me suis précipitée à la pharmacie du coin, en pyjama, les yeux collés et bouffis, le mucus coulant. Enfin l'envie de vivre me regagnait.
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15.8.12

Car l'action dévore la pensée.

La peinture à l'alkyde m'a cassée. Y'a vraiment rien comme de se décider à repeindre 35 marches un beau jour d'août. Les promenades, les terrasses, les amis, les lectures insignifiantes de catégorie US weekly et People. Pas intéressant. Du tout. Ben plus le fun de s'arracher les poignets sur le rouleau et le pinceau. Pour ceux qui savent pas, la peinture à l'alkyde c'est comme du liquid paper chessé. Ça exige de la force, de le ténacité, du courage. Parce qu'il faut tremper le pinceau 5 fois plus souvent qu'avec la peinture au latex. Parce que le rouleau colle dans la pan tellement c'est épais. Parce qu'il faut y mettre de la volonté et du jus de bras en masse pour étaler c'te gouache. 5 heures de cette superbe journée sacrifiées à appliquer du... primer. C'est à recommencer avec la couleur, au latex celle-là, idéalement demain. Sinon je vais rester avec le problème des marches pour encore 6 mois. N'empêche ça fait du bien de construire plutôt que de détruire. J'ai l'impression que j'ai fait plus de dommage qu'autre chose depuis que j'ai emménagé sur Adam. Avec l'histoire du cadre de fenêtre duquel j'ai arraché une arrête en alu, le décapage de 3 marches qui enlaidi l'escalier depuis des mois, plus les trous dans les murs laissés par les crochets qui n'y tenaient pas. Ça fait pensé que j'ai besoin d'un stud finder avec niveau laser. (Ma fête est dans 5 mois, si vous vous pouvez plus y'a toujours Noël).

Aussi dans la catégorie j'ai-les-mêmes-projets-depuis-10-mois-et-je-commence-à-peine-à-les-réaliser. J'ai fait un changement de programme au Collège Lasalle. Organiser des parades de mode c'est pas mon genre sauf si c'est Dior, McQueen, Chanel (on a le sens du drame ou pas). La guénille en patchwork et le linge mou de yoga c'est pas de la mode. Donc j'ai opté pour le très court programme de gestion de projet. 3 cours, 1 session, to the point. Début 5 septembre. Y'en a plein le c** de m'entendre parler de mon éducation.. Faut que ça finisse un jour et ce jour sera en décembre 2012.

L'école de conduite est trouvée. Elle est sur Mont-Royal et s'occupe particulièrement des personnes nerveuses. Je me mets volontier dans cette catégorie. Dois-je revenir sur l'accident de bus? C'est un projet que je remets depuis au moins 2 ans. J'ai le permis d'apprenti mais j'ai peur de me retrouver sur la route. Un petit coup de téléphone à la banque (c'est 575$ /12hrs de cours quand même) et les cours seront réservés... pour l'hiver 2013. Ben quoi, c'est pas ma faute! Pour prouver que j'ai hâte, je vais vous dire que j'ai magasiné les scooter hier. J'aime bien le Honda Jazz à trouver en usager je crois. Sinon y'a le honda Métropolitain. Mais le rêve serait une Vespa (c'est à toi Claire, dis-le: VERT MENTHE), idéal pour se balader en ville. C'est vraiment pas cher même à l'état neuf. Je me demande si je l'achèterais pas même avant d'avoir fait le cours. Incitatif majeur.

Au final j'aurai avancé trois projet en une semaine. Ce doit être parce que j'ai complètement arrêté de réfléchir. Comme dit l'autre Martine: «Laisse la rivière de la vie couler en toi» Dans mon cas je préfère quand elle coule en moi pour me sortir par les pores de la peau.







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11.7.12

Au bordel comme chez le coiffeur.

Réal Ménard, maire du chic HoMa, a récemment proposé d'envoyer les femmes de joie dans un coin sombre et tristement industriel du quartier. À la base je le félicite pour son beau programme. Depuis que j'ai emménagé sur la paisible rue Adam, je m'efforce d'encourager les commerçants à porter de pied. Particulièrement ceux de la rue Ste-Catherine qui en ont bien besoin. L'affaire c'est qu'il n'y a pas que des commerçants en manque de foule, il y a des travailleuses du sexe plus ou moins autonomes. La plupart du temps le pimp est caché dans son char parké en retrait. Les filles sont plantées sur les coins de rue. Des fois elles fument, des fois elles sont gelées du cerveau. En hiver sont gelées de partout. Des fois elles disent bonjour quand je les croise en allant à l'épicerie. Des fois c'est les clients qui me disent bonjour avec le langage de leur carosserie. Je marche. Tranquille. Et la y'a une mini-van qui me double. Elle s'arrête juste un peu devant moi. Je pige juste que la mini-van, elle veut se stationner, alors je vais mon chemin sans faire attention. La mini-van se dit alors que j'ai pas capté le message. Elle recommence donc son manège, encore, encore, encore, puis elle pars en trombe, honteuse de s'être méprise (ou exaspéré?). Bon je sais pas c'est quoi le plus pénible là-dedans. La mini-van veut me baiser. C'est pas un compliment. Elle pense que je suis une pute, c'est toujours pas un compliment. Je sais pas sur quoi la mini-van se base pour penser que je suis en train de bosser sur le trottoir, parce que, c'est pas ben fin, mais les filles sont disons... amochées par la vie, pis ben moi je me trouve pas amochée par la vie. Même si la mini-van pense que je suis la plus belle du coin c'est tellement pas un compliment que je me sens sale.

Monsieur le maire, ce qu'il faut c'est pas les envoyer dans un secteur glauque, catégorie film de série B. Moi je dis qu'il faut aller au bordel comme on va chez le coiffeur. Un bordel, une matronne, un gardien de sécurité à l'entrée. Pas de pimp. La fille loue une chambre à la matronne comme le coiffeur loue une chaise au salon. La mini-van prend rendez-vous avec une fille qui l'envoie illico à la douche. Et comme dans les grands salons elle lui offre: «Cappuccino? Thé? Voilà déjà la capote. Qu'est-ce qu'on vous fait aujourd'hui mon bon monsieur? Un missionnaire comme la dernière fois ou une p'tit levrette pour changer?» Le tout payable à la caisse plus les taxes et n'oubliez pas le pourboire. 

Franchement je trouve ça génial. Un endroit comme ça non seulement il me dérange pas dans le quartier mais j'en ouvre un! Parce qu'il faut arrêter de penser qu'on va éradiquer la prostitution. Ça fait 5000 ans que ça dure. Aussi bien légaliser, règlementer, pis vivre avec.
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19.6.12

Monsieur le Premier Sinistre

Alors que la contestation s'essouffle, chaleur, terrasse et job d'été oblige. Notre cher Premier Sinistre trouve le moyen de nous réchauffer les esprits avec un message publicitaire insipide. Voici un petit wrap up de ce qui a été fait de sa pub. C'est laquelle votre favorite?  





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6.6.12

Génétiquement gogole

Clinique du sommeil: «Vous avez pas de problème respiratoire, pas d'apnée du sommeil, pas de trouble de sommeil. C'est un peu long vous endormir, mais on peut pas parler d'insomnie. Par contre vous avez des impatiences musculaires madame. C'est un trouble concentré dans la population caucasienne francophone du Québec. C'est parce que nos ancêtres viennent principalement de la Vendée. Comme ça vous empêche pas de dormir on ne traitera pas. Pour régler votre durée de sommeil je vous recommande la mélatonine. En vente libre et sans effet secondaire. Elle règle le cycle circadien, ce qui racourcira vos nuits pour les ramener à une longueur normale.»

Ce que vous dites c'est que je suis génétiquement gogole?
Merci docteur!
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27.5.12

Le débalancement

Ça c'est moi en 2008 et en 2012.
2008
Hier

La photo de 2008 est un crime d'autoportrait sur webcam avec vue sur valise et lit pas fait. C'est juste si c'est pas un portrait devant miroir. Je viens tout juste de recevoir celle d'hier. C'était le party d'anniversaire d'un ami. On s'est fait un BBQ sur la terrasse sur le toit de son immeuble. Sympathique, bon enfant, musical. Je sais depuis de trop long mois que mon corps change. Parce que mes jeans étaient un peu trop serré à un moment. Parce que ma montre s'étrécicait sur mon poignet. Puis je l'ai ensuite remarquer dans les regard des autres dans l'autobus, dans les boutiques de vêtements, au restaurant. Pas tellement dans le regard de mes amis. Dans l'entourage familial on ne s'est pas gêné pour passer des remarques désobligeantes sur le choix santé à faire à la crêmerie ou dans des discussions à propos de préparation de dessert. Comme si je ne faisais que manger du sucre à la cuiller toute la journée.

J'étais très active avant. J'avais tellement d'énergie issue de ma colère intérieure et de mon exaspération globale face au monde que je me devais de la dépenser quelque part. Ça se traduisait par l'excès de sport. L'aviron d'abord au cégep. 3 fois par semaine j'étais levée à 3h45 du matin, j'enfourchais mon vélo Rosemont/Pie IX pour aller rejoindre un partenaire d'entraînement au métro Berri. On filait ensuite vers le canal Lachine pour avoir le cul fin prêt dans le bateau et commencer à ramer à 5h du mat. Pour maintenir la forme, puisque ce n,étais pas suffisant, ce régime était accompagné d'un programme d'entraînement en gymnase de 5hrs par semaine. Je n'ai fait qu'une saison. Ma vie collégiale se terminait sur une note somnolente. 

Puis ce fut le spinning, encore une fois une seule session où j'expérimentais tous les styles de coup de pédale. Façon montée de montagne avec sprint au sommet aux push-up en pédalant.

Vint la piscine. Juste en face de chez-moi elle ne demandait aucun effort de motivation. Suffisait de regarder par la fenêtre pour sentir l'appel. 100-120 longueurs par jour, 6 jours-semaine. Soit 15 000 à 18 000 mètres nagés par semaine. La natation c'est comme voler. Et comme je voulais voler toujorus plus vite, je me suis inscrite au gym de mon boulot et j'ai demandé un programme exprès pour nageur. Ça tombait bien, le kiné qui était aussi notre coach, avait coacher des équipes de nageur après en avoir été lui-même un de compétition. 

C'est là que j'ai commencé à prendre du poids et à me sentir fatiguée. Je suis allée voir un médecin qui, plutôt que de me demander quel était mon mode de vie après que je lui eu expliqué mon état, a simplement lancer d'un ton empli de jugement: «On va tester la thyroïde, mais généralement on suggère de faire de l'activité physique» 

Mais ta gueule connasse!!! Elle assumait que je foutais rien de mes journées. La pétasse savait pas que ma seule vie était d'aller dans cette piscine.

Au final ma thyroïde avait rien, elle était juste un peu plus grosse que la normale comme mes épaules qui à force de battre des bras, ne passaient plus dans les cadres de porte. 

Jogger était la solution. J'ai couru, couru, couru, couru. Forest Gump. Beau temps, mauvais temps, orage électrique, canicule, 5@7, rien pour m'empêcher d'aller gagner mon 2e souffle. C'est pour ça que j'ai l'air déçente sur la photo de 2008. 

170lbs de coureuse. Imbattable. Inarrêtable. Indépassable.

Tout a basculé fin 2009. Y'avait plus le temps de courir, merci au mode production. Pire, mes tendons d'Achille étaient irrémédiablement meurtris.

J'ai bien essayé de reprendre la course dans Central Park et sur l'Hudson River Park (Conciliations vacances/travail), mais j'ai juste empiré mon cas. 

Voilà, aujourd'hui j'ouvre mes mails. J'en ai tout plein de la part de Karine. Ce sont les photos d'hier. Et le choc est plus violent que tous les changements de garde-robe que j'ai dû effectué. J'ai vu cette photo et j'ai pleuré. J'ai pleuré pour l'état physique catastrophique. J'ai pleuré pour le silence des autres. J'ai pleuré parce que c'est comme si ça c'était produit en une nuit. Celle d'hier.

240lbs de désespoir. Fatiguée. Brisée. Harassée.
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24.5.12

L'imagerie de la protestation


Carré noir sur fond blanc
L'imagerie de cette grève est renversante. La colère collective donne des bijoux d'image. Malgré qu'il n'y ait rien de nouveau à utiliser le carré rouge ou le carré point. Carré noir sur fond blanc de Kasimir Malevitch, est l'exemple même de la protestation. Cette oeuvre suprématiste peinte en 1915 était un pied de nez à l'art réaliste-romantique que Staline préconisait. Selon ce dernier le peuple ne devait réfléchir en aucune façon. Malevitch étant fortement opposé à cette doctrine se refusa à l'abdication. Il peignit des formes géométriques simples et unicolores jusqu'à ce que ça lui coûte la prison. 

Une forme simple. Une imagination débridé et surtout un écoeurement sans précédent. C'est tout ce que ça prend pour afficher son opinion et le faire comprendre en une fraction de seconde. Boris s'est même permis un appui en modifiant à peine son logo! Voici une petite sélection de ses dernières interprétations.






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5.5.12

Bloguer l'ennui

Bon j'explique. Je suis sur le chômage depuis le 6 avril dernier. 
Raison: mise à pied temporaire. 
Effet sur le coup: jubilation
Conséquences réelles: ennui total (ou presque, mais c'est dû au temps de merde)

Donc, j'ai commencé à décaper mon escalier en me disant que si je faisait 5-7 marches par jour j'en aurais pour une semaine, deux tout au plus. Grave erreur de jugement. Décaper une marche qui a cent ans et qui est donc couverte d'une multitude de couche de peinture, colle, vernis, teinture, c'est un es** de cauchemar plate de 3 heures!!!! J'ai attaqué ma quatrième marche ce mercredi et j'en ai eu ras-le-bol. Je vais donc laisser le soin à des professionnels de me décaper les marches, je m'occupe des contremarches. Non mais je vais pas passer l'été entourée de vapeur toxique de plomb et de je sais pas quoi d'autre, masque à gaz au visage.  Na-nan!!

Me reste donc un demi projet. C'est bien ça, je veux pas m'investir dans rien d'autre que moi-même. Je me suis trouvé des activités plus relaxante. Lundi prochain rendez-vous chez le magnétiseur. C'est pas très ancré chez-nous comme pratique, mais chez les français, ce genre de «médecine» est en partie intégré au réseau hospitalier et clairement utilisé par tout un chacun. Coupe feu, guérisseur, rebouteux, magnétiseur, maître reiki, c'est gens là on des dons qui guérissent les blessures musculaires, articulaires, les problèmes de peau, la dépression. NAME IT! Le magnétiseur voit et ressent le champs électro-magnétique produit par le corps humain. Parfoit l'énergie ne circule pas normalement autour de nous ou est déphasée par rapport à  notre corps. Le magnétiseur replace l'énergie où il le faut. Il est aussi capable de canaliser de l'énergie pour  nous booster ce qui est en fait de la prévention. Cela nous permet de faire face aux maladies avec plus de vigueur et surtout d'avancer. Je vous en redonne des nouvelles lundi.

Ensuite y'aura le gym, la pédicure intensive, la massothérapie. Ça tout le monde connait. Ah pis oui, les cours de conduite. Parce que je vous ai pas dit, mais j'ai fait renouvellé mon permis d'apprenti conducteur. Vrai de vrai!! J'ai reçu ma belle carte plastique par la poste cette semaine. Plus moyen de reculer, elle n'est valide que 12 mois et j'ai pas l'intention d'apprendre dans la neige.


Facque, le programme est prometteur, mais ne chassera pas l'ennui au quotidien. Claire m'a fortement suggéré de reprendre ce blog. Pas que je ne veux plus y écrire (le preuve: je suis là) mais j'aime pas écrire quand j'ai rien à dire. Le radotage c'est pas beau. Elle voulait que je commente l'acutalité. 1) I'm nobody to comment l'acualité. 2) ça m'intéresse pas. L'actualité je la lis dans le journal, 1 article sur 3, en diagonale.
Mais, mais, mais, mais!!! J'ai pensé à un autre blog! A Montreal Balcony C'est l'histoire d'un balcon à Montréal. Le mien en particulier, les vôtres en général. Ce qui se passe dessus, ce qu'on voit à partir d'eux et ce qu'on y entend. Et, oui, c'est in english. Parce que... parce que c'est un défit. Tiens. Les défis ça désennuie. Vous êtes mieux de participer...
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5.3.12

POW!

Nouvelle! J'ai perdu ma job! Ben oui, j'ai appris ça la semaine dernière. Mise à pied temporaire pour manque de travail. La situation m'oblige à mettre mon plan en action, juste pas de la même manière. Je pensais aller en sabbatique, mais je serai sur le chômage. Sincèrement j'ai pas trop de peine. Je suis même excitée... Faut pas trop le dire, y'a des gens pour qui c'est clairement pas une bonne chose. Ce qui me sauve de la face longue ce sont mes projets. J'ai 40 marches à décaper. Sont bleues...mais en dessous des 5 autres couleurs, sont sang de boeuf. C'est pas vintage, c'est antique. J'ai 2 balcons à fleurir, un vélo à acheter et à rider. Les terrasses, les festivals, les parcs, le soleil, la brise dans les cheveux, les gougounes, les promenades, leisssssshMYGAWD!!!! Je vais en profiter au maximum avec un minimum de moyen pendant des jours et des jours et des semaines et des mois! HA! Et puis je recommencerai l'école après m'être gorgée du bonheur de vivre pour moi-même et non pour une entreprise. MY GAWD!! Je pensais imploser de malheur assise à mon bureau, mais là c'est l'explosion. POW!
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31.1.12

Un condo de vendu, un mec de trouvé.

Ça y est!!! C'est fait! Depuis aujourd'hui même, mardi 31 Janvier 2012, je suis la propriétaire que d'une seule résidence. La vente est tellement récente que je n'y crois pas encore. Peut-être que ça va mieux s'imprégner quand je n'aurai pas à faire un détour STM demain après le boulot pour réclamer le loyer dû. Ou peut-être ce sera à la prochaine paie, quand je n'aurai pas à calculer le 2e et 3e versement hypothécaire? Peu importe! Que je le réalise ou pas, je suis plus riche qu'hier. Je suis immédiatement plus riche d'une carte Opus pleine pour le mois de Février et d'une paire de bottes d'hiver neuve (choisie avec l'approbation de la Schtroumpfette). Mais aussi de brunch, de 5@7, de bouquins, de cours de danse africaine, de shopping, d'hypnothérapie... 

Je serai ultérieurement enclore plus que riche, parce que j'ai envoyé ma demande d'admission au SRAM pour faire la technique de design d'intérieur du Cégep du Vieux-Montréal. À toutes les duchesses de ce monde (particulièrement celle de Verdun): watchez vos porte-feuilles car les billets s'envolent, mais les décors de rêve restent (au moins une saison). Rendez-vous est pris avec la conseillère financière familiale. Celle-là même qui a eu mon grand-père comme premier client. On va s'arranger pour que les finances se tiennent pendant les 3 prochaines années de la technique.

Parlant de lui, je le remercie du fond du coeur d'être intervenu. Je suis certaine qu'il a entendu mes suppliques et vu mes pleurs morveux de fille pauvre quêtant des courges de toutes variétés à qui voulait bien l'entendre. Merci Papi. J'ouvrirai la première bouteille de champagne en ton honneur et te réserverai le bouchon qui finira parmi les fleurs au dessus de ta tombe. Non... non je t'entends, il est pas question que je boive de la Wildcat. Cap de bière: non. Bouchon de liège: oui. Non mais ho!

Ah mais je vous ai pas dit! C'est justement la duchesse de Verdun qui avait pour slogan:«Vendre le condo, pu n'entendre parler», qui risque d'être déçue. 

Notaire: « ...état civile. Vous êtes bien Virginie, célibataire?»
Moi: «Oui»
Notaire: « Vous êtes bien Florent B. Célibataire?»
L'acheteur: «Oui»
Moi de me retenir: «bon alors on signe où avec le beau crayon, qu'on aille prendre un verre et mieux se connaître?»

Cute le mec.... J'ai comme oublié de lui dire que j'avais un miroir pour la salle de bain du condo. Merde alors! Je vais être obligé de le contacter pour qu'il vienne le chercher chez-moi. Un samedi soir. À l'heure de l'appéro. Ou du café???

Z'aurez pas fini d'en entendre parler...
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15.1.12

Stop! Désir égale danger... ou pas?

Je pense à ça, maintenant que j'ai une quasi liberté financière (c'est pas encore signé quand même!), qu'est-ce que je fais avec. Évidemment je pourrais entreprendre des travaux majeur dans ma cabane du 3e étage. Démolition de cuisine et de salle de bain, pour faire renaître de la poussière de gypse une salle de bain et une cuisine de rêve. C'est l'option 1. Frivole en apparence, mais qui dit rénovation, dit investissement. 

L'option 2 c'est d'en mettre de côté pour la retraite et voyager en un lieu exotique pour une durée indéterminée. (mettons au moins un mois)

Troisièmement je pourrais faire de l'esthétique. Engager quelqu'un pour finir de repeindre ma cage d'escalier et décaper les marches. C'est la partie matérielle. Engager un coach pour qu'il me botte le derrière 3 fois/semaine. C'est pour le physique en ruine.

Enfin y'a une dernière option qui est d'en mettre de côté et d'investir le reste dans une carrière qui m'enrichira du point de vue personnel et financier. Ce qui veut en pratique dire: retourner aux études. À temps plein. Dans le bon programme. 

J'ai fait quelques expérimentations sur des cobayes, çi-nommées la duchesse de Verdun et la rescapée rue Mansfield. J'ai découpé personne. J'ai juste essayé de transformer leurs milieux de vie, voir si je suis capable. On a pas encore terminé parce que comme on est pas des gens riches et célèbres, ben le budget se calcule d'une paie à l'autre. Mais je pense qu'à date, les madames sont contentes. La prochaine étape est de prendre des photos de mon appart et de les envoyer à ma bible préférée de la décoration: Apartment Therapy. Site que j'adore! Si en plus des bons commentaires des copines, j'obtiens des commentaires positifs de la part de purs inconnus crédibles, parce que remplis de bon goût, parce qu'ils sont accros à l même bible que moi, ben je me lance. 

Pour ne pas être en reste et parce que j'aime pas attendre je viens tout juste de terminer ma demande d'admission au SRAM. Acronyme que je n'aurais jamais pensé avoir à utiliser à ce stade-çi de ma vie. Une demande au cégep on fait ça à 16 ans, pas 32. Lady Guenièvre t'a vécu ça comment toi?? 

Enfin vous, vous feriez quoi? C'est pas la même question que si vous gagniez le million. Il faut donc se limiter à une seule action. Est-ce que vous poursuivez votre chemin sur le marché du travail et vous vous gâter? Est-ce que vous plaquez tout, pour étudier avec les ados et changer le court de votre vie pour de bon?
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13.1.12

Mort d'une proprio.

J'ai mentionné cet automne, que mon épopée immobilière était interrompue. C'est bien parce que j'ai mis l'un de mes condos en vente. J'avais cru la tâche accomplie en lui collant une pancarte au front. Forcément non. Dans cette économie morose de part le monde, même l'état pitoyable des ponts, routes et viaducs de la région de Montréal n'ont pas réussi à convaincre les banlieusards sans enfants (en existent-ils?? maintenant que j'y pense peut-être pas...) de faire le grand saut de l'autre côté du St-Laurent. Les jours défilèrent et le téléphone restait obstinément muet. J'ai bien reçu quelques propositions: un échange avec une maison dans le Maine. Idyllique, yet not practical. 

L'événement a eu lieu le 21 décembre. Une visite. Une visite! Planifiée le 23 décembre en après-midi. Non mais quand on pense que rendu l'avant-veille de Noël tous le monde est dans les magasins à acheter des cadeaux qui finiront sur ebay, craigslist et kijiji dans le temps de le dire (pas les miens, je fais toujours des super beaux cadeaux, hein Jojo?). On s'imagine pas qu'il y a une âme en perdition qui ne pense qu'à s'acheter une maison. L'égoïsme, tellement pas chrétien. C'est clair que je ne m'en suis pas plainte. Les astres mtq-esque se sont par contre bien mèlés de la chose. Fermeture du tunnel Louis-H.-Lafontaine. 

Conséquence? Les rues suivantes se sont transformées en parking urbains: Rachel, Sherbrooke, Mont-Royal, Marianne, St-Joseph, Papineau, Iberville, De Lorimier, Ontario, Notre-Dame. 

Résultat: Pas de visite parce que agent et visiteur perdus quelque part dans ce labyrinthe de pare-choc. 

Déception et remise de la visite au 30 Décembre. Je laisse un message au locataire, puis un deuxième, puis comme j'ai pas de nouvelle la veille au soir, j'ai pas d'autre choix que d'annuler. Fait chier. Bon j'ai des nouvelles de l'occupant des lieux le samedi on se dit que la visite peut avoir lieu lundi 2 janvier ou encore mardi le 3. Mais là ça fonctionne plus avec le visiteur. Cette visite, si précieuse, si... UNIQUE n'aura jamais lieu. Merde, merde, merde, merde. 

C'est là que j'invoque les forces de l'au-delà. Papi. Mami. Surtout Papi. Là, tu peux pas me laisser avec ce condo sur les bras. je suis en train de me ruiner. Je vis comme quand j'étais sur le chômage à 21 ans. Je pensais que je l'avais. Je pensais que je pouvais suivre tes traces et te rendre fier. Je peux pas. Suis pas capable. J'ai pas la discipline. J'ai pas la patience. J'ai pas les moyens. Faut que tu me sortes de là. Siouplait. 

Faut savoir que mon grand-père il a fait son coussin en achetant, louant, vendant, re-achetant et re-vendant de l'immobilier. Lorsqu'il vendait, il avait la chance devant lui, même pas derrière. Il lui suffisait de sortir sa bonne vieille pancarte À VENDRE du garage et de commencer à l'attacher sur la façade du bloc pour qu'un passant, allant son chemin en sifflotant, lui fasse une offre. Mon grand-père, invariablement, détachait la pancarte bencale, appelait son notaire et l'affaire était ketchup. J'avais besoin de sa touche magique.

La visite a finalement eu lieu le 5 janvier 17h. Bons commentaires, le visiteur trippe, mais il veut en visiter d'autre pour se faire une idée. Au fond de moi je savais qu'il reviendrait. L'espace, le stationnement, l'emplacement, le rangement. Cet appart c'est un rêve! (si on vit dedans, qu'on en a pas un 2e, qu'on a pas un  locataire, etc) Il allait revenir... mouais... hum.. non? Si, si-si!!!! Restons positif, Papi est-là après tout.

J'ai eu raison au bout du compte, parce que ma seule et unique visite a mené à une promesse d'achat, qu'il n'a suffit que d'une contre-offre qui a été immédiatement acceptée, que le locataire n'a pas reconduit son bail, ce qui fait bien le bonheur de l'acheteur, le tout dans les dernières 72 heures. Il me reste plus qu'à notarier avant le 31 janvier. 

Freedom. Jubilation. 
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