28.8.12

Les allergies

Mes allergies m'accablent. D'autant plus que mes moyens financiers sont si réduits que j'ai dû passer trois jours sans médocs. Ceux qui n'ont pas d'allergies ne peuvent pas comprendre à quel point elles sont handicapantes. J'ai dû annuler un souper hier parce qu'un ruisseau de morve claire me barrait la face. C'est toujours pire au réveil et au moment d'aller dormir, j'sais pas pourquoi. En tout cas hier soir j'ai bataillé longtemps l'envie irrépressible de me tirer une balle en plein visage, question de me soulager. Les yeux qui piquent, c'est pas juste des yeux qui piquent. C'est l'intérieur des paupières qui démangent jusqu'à l'inflammation. On a envie de les retourner pour y passer une pierre ponce. S'y ajoutent des larmoiements épais, collants, qui voilent la vision et des poches qui ont dû faire penser à d'anciens collègues de travail que j'étais au bord du précipice. Mais la grande vedette c'est l'appendice nasal. Principale cible de l'arme à feu. Il démange-chatouille. Perpétuellement à mi-chemin du confort et de l'éternuement. Congestionné jusqu'à la limite du cerveau, il empêche de respirer, mais n'empèche pas l'écoulement incontrôlable de ce qui pourrait être confondu avec de l'eau. Ce flot inarrêtable dégouline inexorablement le long de la lèvre supérieure, passe par la commissure de la dite lèvre, roule jusqu'au menton et à l'audace de s'échaper jusqu'à l'épaule via le cou de manière aussi soudaine qu'imprévisible. Je redoutais l'usage du mouchoir au plus haut point parce qu'à ce stade mes narines étaient violacées d'irritation et je ne pouvais reniffler cause de congestion. Tant pis, je me suis tenue au-dessus du lavabo pour presser comme un citron mon disgracieux organe. Son état malencontreux a bien entendu influé sur tout ce qui lui est connecté. Oreilles, palais, sinus, tous démangeaient violemment. Comment on se gratte les sinus? On gratte pas, on se tape le front. J'ai frotté mon palais avec ma lanque à en avoir des crampes. En fait j'ai du me résoudre à manger mou, parce que le palais c'est fragile et après un moment, ben il démange ET il fait mal. J'ai tant bien que mal fini par m'endormir, mais la ligue des symptômes m'a réveillé vert 4h. Un chapelet d'éternuements, que des pincements répétés n'ont su freiner, a alors fini d'achever mon nerf sciatique déjà fragilisé. Je me suis donc extirpée du lit pour me couler un bain chaud dans lequel je me suis rendormi en comptant, non pas les moutons, mais les minutes qui me séparaient de l'ouverture de la pharmacie. Ceci étant la preuve que les allergies altèrent le jugement. Je suis retournée dans mon lit aux premières lueur du jour, ratatinée comme jamais, le sciatique à peine relâché. Ce n'est que vers 10h que je me suis précipitée à la pharmacie du coin, en pyjama, les yeux collés et bouffis, le mucus coulant. Enfin l'envie de vivre me regagnait.
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1 commentaire:

  1. klarinette28.8.12

    Mais il est dégueulasse ce post-là ;) Bon courage !

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