Lundi soir, Biloxi le chat goulu miaule à la grossière injustice parce que je ne le laisse pas sortir dehors. Si je le fais il miaulera à la torture de la guenille essuyeuse de pelage dégoulinant et de pattes poisseuses. Ce chat est pourri gâté. L'a eu le culot de quémander une part de foie gras au souper d'hier. Deux-trois reniffles et le verdict est tombé: indigne d'intérêt. Le brownie au chocolat par exemble! Il défie même l'emballage d'alu! Tant pis pour le bruit grinçant et la texture de métal. Sale bête.
J'ai commencé à faire comme lui. Pas contrevenir à la loi (Que je n'applique pas avec beaucoup de fermeté sur lui de toute façon. Les chats c'est traitre, ça vous ronronne dans l'oreille et vous oubliez tout. Trop mignoooooon!), non je repousse les limites. Rien d'exceptionnel pour la majorité. La simple norme pour la plupart. J'ai eu une grosse fin de semaine. Gros mois de Novembre en fait. L'effort là-dedans c'est que je passe mon temps à dormir. Avec une emphase particulière le week-end. Huit heures.... minimum requis non atteint. Dix heures... mieux, mais moyenne de semaine. Douze heures... début des étirements. Quatorze heures... bon ben je pars le café. Ce qui fait qu'il est souvent rendu midi voire plus tard encore. Tous les samedis. Tous les dimanches aussi. Si je m'écoutais j'incluerais ostensiblement les lundis, mardis, vendredis. Les jours de paie. Les jours fériés. Les jours de neige. Les grands jours. Les soirs de première. Les soirs de pleine Lune. Les soirée entre amis.
Dormir, toujours dormir. C'est jugé cocasse à la base:« Ah la grosse dormeuse! Chanceuse, j'aimerais pouvoir dormir le samedi!»
Nan. Na-nan
Je baille sans arrêt depuis des mois. J'ai développé une faiblesse de la machoire: elle disloque partiellement 2 fois sur 5. J'ai des cernes indélébiles et l'implacable sensation d'un train qui passe et repasse sur mon corps pour s'assurer que j'aie bien l'air défoncée toute la journée.
J'ai donc combattu mon asthénie pour me pointer à une soirée chez la Schtroumpfette. Elle a fini par trouver son Grand Schtroumpf d'ailleurs, c'est chez-eux à tous les deux. Le punch pimpé à l'alcool de Mamie Nanette, m'a fait rester jusqu'à 3h du mat, heure à laquelle j'avais frenché personne et n'étais pas assez saoule au point de me mettre en situation compromettante, mais suis plutôt devenue la gardienne de Mononc' qui lui était assez parti. Je peux honnêtement dire que c'était le premier party d'où je ne partais pas avant la fin depuis presque 6 ans. C'est la faute à la frencheuse de fille, le prof d'éduc, les paysagistes, Joe, le bulgare. Y'étaient fins. J'en dis pas plus.
Devait avoir lieu un brunch le samedi matin, avantageusement converti en souper au fil de la soirée. Les protagonistes ne comptant plus les verres ingurgités. J'ai commencé à être possédé de l'esprit de Naël dans l'après-midi, l'effet lendemain de veille pas encore estompé. C et moi on s'est retrouvée dans une boutique déco pas loin de chez-elle. Heureusement le plan du dimanche consistait à faire mon tout premier sapin de Noël depuis le départ de la maison familiale il y a près de 14 ans. Blitz de jazz festifs de Naël sur itunes, soupe à la courge musquée sur le feu, rôti de palette au four, vin chaud à la cannelle frémissant. Grande occasion si il en est, fallait bien y mettre une touche d'alcool. La duchesse de Verdun a posé son nez sur ces effluves non sans enthousiasme: «Hein! un diffuseur à l'oignon!»
La maison avait l'odeur parfaite des jours d'automne mouillasses.
Moment de pure jouissance infantile. La duchesse et moi avons poser guirlandes, boules, flocons, lumière. Et surtout, SURTOUT, les boules faites par les amis à l'atelier de boules (En novembre, je l'avais dit, gros mois) Mme D même la tienne, elle est devant. La noblesse verdunoise a même assumé le couvre-chef père-noellesque pour la durée de l'intervention. Le vin chaud bu, on a sifflé notre bol de potage à la courge et effiloché le rôti de palette. Je suis toujours pas exorcisé de l'esprit de Naël. Probable que la gang du party de vendredi était possédée aussi sans le savoir.
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