28.8.13

Jour J+2

3e jour d'école. Si on peut appeler ça des jours. Je n'avais qu'un seul cours à 14:25 hier et un cours à 8:55 ce matin. Je me suis rendu compte hier que le personnel du cégep était d'une condescendance... J'avais oublié mon horaire à la maison et je n'étais plus certaine du local pour le cours d'autocad. il me semblait que c'était le 459, mais l'information sur la feuille collée dans la fenêtre du dit local, ne concordait pas. J'ai fait le tour et vérifié toute les feuilles de tous les locaux. Rien. Alors je me suis rendue au bureau de coordination du département. Ce qui me semblait être un bon endroit. La fille m'a regarder l'air de dire que j'étais une godiche: 
-c't'écrit su' ton horaire. 
-Je sais madame, c'est parce que je l'ai pas avec moi que je pose la question. 
-C't'écrit din portes. 
-Je le sais madame c'est parce que j'ai déjà fait le tour que je pose la question. 
Flottement. 
-C't'écrit dans omnivox. 
-Je t'emmerde madame.

En descendant au RDC j'ai vu une borne écrit "omnivox" dessus. J'ai consulté mon horaire et ça disait bien 459. C'était quoi de me dire qu'une telle borne existait? Certainement proche de "rien du tout". L'année va être longue pour la fille au département design et architecture.

Aujourd'hui j'ai pas oublié mon horaire et connaissait très bien le local. Après un speech sur son parcours professionnel et une revue du plan de cours la prof nous a sorti dehors. Visite de la place des arts et de la place des festivals afin d'exercer notre oeil de designeurs. C'était franchement bien, surtout que le thermomètre avait atteint à 10h30 les 28 degrés. 

L'escapade m'a permis de fraterniser avec des nouveaux copains. Andréa, l'ex-étudiante en musique qui a une compagnie de remise à neuf de meuble avec sa soeur. 25 ans, hipsteur cute. Elle vit dans Hochelaga. REPRESENT! William est le sosie de Taylor Lautner. Pour ceux qui connaissent pas c'est le loup dans Twilight. Pour ceux qui connaissent pas et qui répugne le mot Twilight. Ben disons qu'il est mignon et qu'il va fracasser des coeurs. Il a 21 ans le bel enfant et il a fait de la menuiserie dans l'entreprise de son père. Alex à déjà une technique en architecture et s'ennuie déjà profondément dans bien des cours que l'API n'a pas voulu lui créditer. Parce que, dit-il:"c'est vraiment une conne." Il a 25 ans comme Andréa. Il y a une autre fille, et son nom m'échappe.  Elle a 29 ans et avait vraiment peur de se retrouver avec des enfants. Elle a déjà fait un dec en graphisme au Cégep du Vieux. Ça lui a fait un choc en rentrant... Pas grave, elle était vraiment trop tannée de faire du graphisme.

La prof nous a amenés au coin de St-Laurent et Ste-Catherine. Elle avait du mal à décrire le type de travailleuse qui ont fait la réputation du Red Light. J'ai pas pu m'empêcher de l'aider en disant haut et fort: "Disons-le hein, c'était les putains." Aucune réaction de la prof. Sourires gênés dans l'assistance. Le remord m'a tout de suite prise. Est-ce qu'on a le droit de dire putain dans une classe où y'a des mineurs?? C'est peut-être pour ça que la prof l'a pas dit. À 14:37 j'ai toujours pas de réponse claire à ce sujet. Note à moi-même: ferme-là.

La prof nous a lâché à La Vitrine. Suis partie avec TayloWILLIam vers le village. Il allait manger chez-lui. J'allais signer mon arrêt de mort financier: mes prêts et bourses.

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26.8.13

Cégep, le retour

J'ai eu peur pour ce matin. Peur de pas me lever. Peur d'être hyper stressée. Peur d'avoir envie de vomir. Finalement j'ai juste eu peur pour Karine parce que y'a eu une explosion à côté de chez-elle. Mais elle va bien assurément parce que c'était pas si près, mais ça a du la réveillée. En tout cas je pense...

Me suis rendue à mon premier cours, au politisé et engagé cégep du Vieux-Montréal. Pas de stress, pas de peur, juste des baillement dans la 125 cahotante. 

J'ai passé les portes avec des dizaines de jeunes probablement plus stressé que moi parce que c'est leur première session. Ils donnaient des pommes en souhaitant bonne rentrée à tous. Y'avait des pancartes crayonnées pour annoncer la certificaiton pour la carte Opus , la prise de photo pour la carte étudiante, les directions pour la caféteria. Un kiosque flanqué d'un fleur-delysée, avec 3 jeunes qui distribuaient des macarons et un journal nommé Le Patriote. Un kiosque bancal avec 2 étudiants bénévole pour donner des informations: 
-Monsieur il est où le local A85? 
-Madame, vous regardez les panneaux gris, ça vous donne la direction. O_o euh.... Merci i guess.

Je suis arrivée juste à l'heure au local 1151. Il est au 11e étage. Il était presque plein, mais j'ai pas vu parce que y'a pas un étudiant qui a oser ouvrir la lumière. Le prof c'était pas le prof mentionné sur mon horaire. Il s'appelle Jérôme. Il fait penser à André ou Denis. La lunette a monture noire, la barbe poivre et sel, le cheveux ténébreux, le bord de jeans roulé. Bref, c'est un hot teacher. Ah il va nous montrer à faire des belles esquisses au fusain, au crayon, au graphite, au conti. 

Quand il a commencé à faire glisser sa craie au tableau j'ai pas pu m'empêche de sourire violemment. J'étais assise là, sur un tabouret en métal devant un pupitre tout beurré de peinture, avec devant moi un hot teacher qui essayait de réveiller toute cette jeunesse à la chevelure ramenée sur le côté. Pendant que des tas de gens s'étaient rendus au boulot ce matin, faire ce qu'ils devaient faire, moi j'étais dans ce local des combles du cégep du Vieux. Crampée à l'idée qu'il faudrait que je m'habille pas propre parce que le dessin c'est salissant. Crampée parce que j'arrivais pas à croire que j'étais au cégep. AU CÉGEP!! Le concept m'est un peu tomber dessus, mon crâne résonne encore du choc et avec ma vision encore troublée j'entrevois à peine le fait que j'aurai cette vie pendant les 3 prochaines années.

Ça peut pas être vrai.
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9.10.12

Sauver le mariage

Est-ce que ce dimanche n'était pas le plus beau dimanche que vous ayez jamais vu? Est-ce que le soleil d'automne n'enrichissait pas de sa radieuse lumière toutes les couleurs de l'homme et de la nature? La petite Karine et moi nous sommes jointes à cette palette bigarrée pour une longue promenade. Journée radieuse, fraîche et chaleureuse à la fois. Foule anonyme. C'était parfait pour les confidences, les promesses, les pardons et les serments.

Au détour de l'une de nos dérivations nous nous sommes vues, mille fois reflétées, dans les vitres glacées de voitures blanches. Une belle d'époque, charmante toute en rondeur et deux limo-SUV saveur hip-hop. Moins enchantées par les voitures que par l'idée de voir la mariée, nous sommes entrées dans l'église par une porte de côté en se promettant de bien se tenir. Nous sommes tombées nez à nez avec la mariée était cachée derrière. Sa robe de bal blanche contrastait sur sa peau ébène. Radieuse, confiante, magnifique, elle ne s'est pas préoccupée de notre présence. Karine et moi étions figée dans le portique, à la regarder. Un petit homme nerveux est alors passé devant nous et a autoritairement verrouillé la porte. Nous étions prises au piège. À peine le temps de se remettre de cette idée, la porte s'ébranla sans cèder. Le mouvement repris une deuxième fois et des coups retentirent. La mariée profitant de notre présence nous demanda de vérifier la porte. «Barrée» qu'on lui dit. «On va aller voir les autres portes et on revient» Nous sommes alors entrées dans l'église bondée. 4 ou 5 demoiselles d'honneurs cheveux remontés et robe bustier violette moulant leur corps, trépignaient d'impatience. Encore une fois nous n'avons à peine provoquer qu'un haussement de sourcils de leur part. 3 petites filles en robe blanche, portant des paniers remplis de pétals de rose se chamaillaient gentiment. Nous nous sommes précipitées vers la porte centrale: fouilli sur porte verrouillée. Notre dernière tentative sur la 3e porte ne fut pas plus fructueuse. Retour à la mariée, les coups, tout à l'heure polis, étaient maintenant plus qu'insistant. 

Nous: «Toutes les portes sont fermées...» 
Elle: «Demandez à une demoiselle d'honneur»
On va lui en chercher une: «Excusez-nous, mais la mariée voudrait vous dire un mot, les portes sont verrouillées et des invités arrivent encore.»
Elles: «Hein? Quoi? Comment ça? Il est ou M. Chose? En avant de l'église?? Faut aller le chercher, il a fermer la porte!»

Karine et moi, satisfaite de notre mission, nous sommes assises sur le premier banc qu'on a vu. C'est-à-dire, dernière rangée au fond dans un coin. On a vu la mariée sortir de sa cachette à pas de loup et s'engouffrer derrière une porte, puis le cortège d'invités qui se gelait la jambe nue pour madame et qui se brisait le point pour monsieur. Quelques instants plus tard, la musique résonna dans la nef, deux matronnes s'avancèrent dans l'allée tandis qu'une troisième, ajustait le voile, étalait la traîne et secouait la poitrine de la mariée, question qu'elle soit certe jolie, mais surtout plantureuse dans son bustier. Un air R&B marqua le tempo pour les garçons d'honneur qui remontèrent l'allée centrale pour accueillir les demoiselles en violet. Puis suivirent les petites princesses, jetant des pétals au sol. La mariée, menée par son père franchit le portail. L'assemblée tirée à quatre épingles se leva, iphone, appareil photo et cellulaire en main pour immortaliser le moment. À ce stade-là Karine filmait aussi en se moquant du fait que je pleurais déjà. 

Nous avons discrètement quitté les lieux, avant qu'on nous y enferme une autre fois. Karine avait un souper pour l'action de Grâce. Ça l'aurait pas fait s'il avait fallu qu'on reste pour toute la cérémonie. Nous nous sommes remerciées d'avoir été présentes au bon moment, permettant in extremis l'accès à l'église à plus d'une quinzaine de retardataires. L'air frais nous ramena à notre conversation comme si les événements des dernières minutes n'avaient jamais eu lieu.
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28.8.12

Les allergies

Mes allergies m'accablent. D'autant plus que mes moyens financiers sont si réduits que j'ai dû passer trois jours sans médocs. Ceux qui n'ont pas d'allergies ne peuvent pas comprendre à quel point elles sont handicapantes. J'ai dû annuler un souper hier parce qu'un ruisseau de morve claire me barrait la face. C'est toujours pire au réveil et au moment d'aller dormir, j'sais pas pourquoi. En tout cas hier soir j'ai bataillé longtemps l'envie irrépressible de me tirer une balle en plein visage, question de me soulager. Les yeux qui piquent, c'est pas juste des yeux qui piquent. C'est l'intérieur des paupières qui démangent jusqu'à l'inflammation. On a envie de les retourner pour y passer une pierre ponce. S'y ajoutent des larmoiements épais, collants, qui voilent la vision et des poches qui ont dû faire penser à d'anciens collègues de travail que j'étais au bord du précipice. Mais la grande vedette c'est l'appendice nasal. Principale cible de l'arme à feu. Il démange-chatouille. Perpétuellement à mi-chemin du confort et de l'éternuement. Congestionné jusqu'à la limite du cerveau, il empêche de respirer, mais n'empèche pas l'écoulement incontrôlable de ce qui pourrait être confondu avec de l'eau. Ce flot inarrêtable dégouline inexorablement le long de la lèvre supérieure, passe par la commissure de la dite lèvre, roule jusqu'au menton et à l'audace de s'échaper jusqu'à l'épaule via le cou de manière aussi soudaine qu'imprévisible. Je redoutais l'usage du mouchoir au plus haut point parce qu'à ce stade mes narines étaient violacées d'irritation et je ne pouvais reniffler cause de congestion. Tant pis, je me suis tenue au-dessus du lavabo pour presser comme un citron mon disgracieux organe. Son état malencontreux a bien entendu influé sur tout ce qui lui est connecté. Oreilles, palais, sinus, tous démangeaient violemment. Comment on se gratte les sinus? On gratte pas, on se tape le front. J'ai frotté mon palais avec ma lanque à en avoir des crampes. En fait j'ai du me résoudre à manger mou, parce que le palais c'est fragile et après un moment, ben il démange ET il fait mal. J'ai tant bien que mal fini par m'endormir, mais la ligue des symptômes m'a réveillé vert 4h. Un chapelet d'éternuements, que des pincements répétés n'ont su freiner, a alors fini d'achever mon nerf sciatique déjà fragilisé. Je me suis donc extirpée du lit pour me couler un bain chaud dans lequel je me suis rendormi en comptant, non pas les moutons, mais les minutes qui me séparaient de l'ouverture de la pharmacie. Ceci étant la preuve que les allergies altèrent le jugement. Je suis retournée dans mon lit aux premières lueur du jour, ratatinée comme jamais, le sciatique à peine relâché. Ce n'est que vers 10h que je me suis précipitée à la pharmacie du coin, en pyjama, les yeux collés et bouffis, le mucus coulant. Enfin l'envie de vivre me regagnait.
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15.8.12

Car l'action dévore la pensée.

La peinture à l'alkyde m'a cassée. Y'a vraiment rien comme de se décider à repeindre 35 marches un beau jour d'août. Les promenades, les terrasses, les amis, les lectures insignifiantes de catégorie US weekly et People. Pas intéressant. Du tout. Ben plus le fun de s'arracher les poignets sur le rouleau et le pinceau. Pour ceux qui savent pas, la peinture à l'alkyde c'est comme du liquid paper chessé. Ça exige de la force, de le ténacité, du courage. Parce qu'il faut tremper le pinceau 5 fois plus souvent qu'avec la peinture au latex. Parce que le rouleau colle dans la pan tellement c'est épais. Parce qu'il faut y mettre de la volonté et du jus de bras en masse pour étaler c'te gouache. 5 heures de cette superbe journée sacrifiées à appliquer du... primer. C'est à recommencer avec la couleur, au latex celle-là, idéalement demain. Sinon je vais rester avec le problème des marches pour encore 6 mois. N'empêche ça fait du bien de construire plutôt que de détruire. J'ai l'impression que j'ai fait plus de dommage qu'autre chose depuis que j'ai emménagé sur Adam. Avec l'histoire du cadre de fenêtre duquel j'ai arraché une arrête en alu, le décapage de 3 marches qui enlaidi l'escalier depuis des mois, plus les trous dans les murs laissés par les crochets qui n'y tenaient pas. Ça fait pensé que j'ai besoin d'un stud finder avec niveau laser. (Ma fête est dans 5 mois, si vous vous pouvez plus y'a toujours Noël).

Aussi dans la catégorie j'ai-les-mêmes-projets-depuis-10-mois-et-je-commence-à-peine-à-les-réaliser. J'ai fait un changement de programme au Collège Lasalle. Organiser des parades de mode c'est pas mon genre sauf si c'est Dior, McQueen, Chanel (on a le sens du drame ou pas). La guénille en patchwork et le linge mou de yoga c'est pas de la mode. Donc j'ai opté pour le très court programme de gestion de projet. 3 cours, 1 session, to the point. Début 5 septembre. Y'en a plein le c** de m'entendre parler de mon éducation.. Faut que ça finisse un jour et ce jour sera en décembre 2012.

L'école de conduite est trouvée. Elle est sur Mont-Royal et s'occupe particulièrement des personnes nerveuses. Je me mets volontier dans cette catégorie. Dois-je revenir sur l'accident de bus? C'est un projet que je remets depuis au moins 2 ans. J'ai le permis d'apprenti mais j'ai peur de me retrouver sur la route. Un petit coup de téléphone à la banque (c'est 575$ /12hrs de cours quand même) et les cours seront réservés... pour l'hiver 2013. Ben quoi, c'est pas ma faute! Pour prouver que j'ai hâte, je vais vous dire que j'ai magasiné les scooter hier. J'aime bien le Honda Jazz à trouver en usager je crois. Sinon y'a le honda Métropolitain. Mais le rêve serait une Vespa (c'est à toi Claire, dis-le: VERT MENTHE), idéal pour se balader en ville. C'est vraiment pas cher même à l'état neuf. Je me demande si je l'achèterais pas même avant d'avoir fait le cours. Incitatif majeur.

Au final j'aurai avancé trois projet en une semaine. Ce doit être parce que j'ai complètement arrêté de réfléchir. Comme dit l'autre Martine: «Laisse la rivière de la vie couler en toi» Dans mon cas je préfère quand elle coule en moi pour me sortir par les pores de la peau.







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