Me suis rendue à mon premier cours, au politisé et engagé cégep du Vieux-Montréal. Pas de stress, pas de peur, juste des baillement dans la 125 cahotante.
J'ai passé les portes avec des dizaines de jeunes probablement plus stressé que moi parce que c'est leur première session. Ils donnaient des pommes en souhaitant bonne rentrée à tous. Y'avait des pancartes crayonnées pour annoncer la certificaiton pour la carte Opus , la prise de photo pour la carte étudiante, les directions pour la caféteria. Un kiosque flanqué d'un fleur-delysée, avec 3 jeunes qui distribuaient des macarons et un journal nommé Le Patriote. Un kiosque bancal avec 2 étudiants bénévole pour donner des informations:
-Monsieur il est où le local A85?
-Madame, vous regardez les panneaux gris, ça vous donne la direction. O_o euh.... Merci i guess.
Je suis arrivée juste à l'heure au local 1151. Il est au 11e étage. Il était presque plein, mais j'ai pas vu parce que y'a pas un étudiant qui a oser ouvrir la lumière. Le prof c'était pas le prof mentionné sur mon horaire. Il s'appelle Jérôme. Il fait penser à André ou Denis. La lunette a monture noire, la barbe poivre et sel, le cheveux ténébreux, le bord de jeans roulé. Bref, c'est un hot teacher. Ah il va nous montrer à faire des belles esquisses au fusain, au crayon, au graphite, au conti.
Quand il a commencé à faire glisser sa craie au tableau j'ai pas pu m'empêche de sourire violemment. J'étais assise là, sur un tabouret en métal devant un pupitre tout beurré de peinture, avec devant moi un hot teacher qui essayait de réveiller toute cette jeunesse à la chevelure ramenée sur le côté. Pendant que des tas de gens s'étaient rendus au boulot ce matin, faire ce qu'ils devaient faire, moi j'étais dans ce local des combles du cégep du Vieux. Crampée à l'idée qu'il faudrait que je m'habille pas propre parce que le dessin c'est salissant. Crampée parce que j'arrivais pas à croire que j'étais au cégep. AU CÉGEP!! Le concept m'est un peu tomber dessus, mon crâne résonne encore du choc et avec ma vision encore troublée j'entrevois à peine le fait que j'aurai cette vie pendant les 3 prochaines années.
Ça peut pas être vrai.
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