Sur le pénis.
Dans un rêve vu hier en direct de mon oreiller. Un asticot géant façon Alien rencontre une palourde royale, ventousé sur une porte de placard. Facile. Sexualité refoulée au point que ça en deviendra une maladie mentale. Je ne fais pas d'appel à tous. J'ai un oeil fixé sur le dernier arrivage russe et l'autre sur la délégation espagnole. Le strabisme divergent aidera-t-il ma cause?
Moving on to the serious subject.
Sur les deux chats.
J'ai braillé pour la première fois. Non je ne suis pas une bitch au coeur désertique et aux glandes lacrimales déficientes. J'ai déterré un secret d'enfance que des dizaines et des dizaines de rendez-vous, rue Cherrier, n'ont même pas su efleurer. 1988 (mettons, c'est peut-être 1986-1989) Je grandi à la campagne. Des champs, des ruisseaux, des vaches. Pas de voisin. Un soir d'hiver un chat miaule sa survie à la porte-patio. Touchée, toute la famille est d'accord pour le nourrir et lui fournir un abris pour la nuit: le sous-sol. Mon frère et moi (et peut-être ma soeur, mais c'est flou) on bâptise justement le chat Ti-Min. Ti-Min est relâché le lendemain matin pour mieux revenir le soir. Boire son bol de lait et dormir dans la chaleur produite par la truie. Le manège se répète jusqu'à ce qu'on découvre que mon père et mon frère sont allergiques au chat. Les nuits de Ti-Min se passaient désormais dans le noir et froid garage. Un jour Ti-Min croise le renard qui galvaudait dans le champs derrière la maison. Il a perdu une patch de fourrure à une de ses pattes. Il a droit au sous-sol ce soir-là. Généreuse enfant que je suis, je lui cède ma doudou et le réconforte et lui disant que papa ira le porter demain chez le vétérinaire et qu'après, tout ira mieux. La visite a lieu chez le vétérinaire, j'y vais avec mon père. On ramène Ti-Min. Je ne sais pas ce qu'on lui a fait, mais j'ai le sentiment que la vie sera vraiment merveilleuse. Il n'y a qu'un dernier rendez-vous chez le véto qui nous sépare d'une grande amitié. Le jour venu, mon père est parti avec le chat, mon chat, avant que je ne sois debout. À mon réveil, je savais que quelque chose n'allait pas, je me suis recroquevillée dans l'escalier, devant la porte donnant sur le garage. Mon père est revenu les mains vides. Je savais que Ti-Min ne reviendrait plus jamais. J'ai pleuré et hurlé tout ce que j'ai pu. Ils avaient promis, qu'il reviendrait. Ce jour-là j'ai perdu la seule chose que je croyais possédé. J'ai été trahie par mes parents. J'avais trahi Ti-Min. J'ai même pas été consolée. J'ai su qu'il fallait faire confiance à personne.
Je n'ai pas oublié la leçon. Je me suis abstenue d'avoir un chat ou un chien ou tout autre animal de compagnie pendant les 16 années qui ont suivies. 2004, une amie a développé des allergies au chat, elle ne peut plus garder le sien. Elle me le donne. C'était un chat touffu, gris, affectueux. C'était mon masso. Piétinait mon dos quasi tous les jours pendant une quinzaine de minutes. J'ai du le faire euthanasier quelques mois seulements après l'avoir pris chez-moi. Je suis restée dans le bureau du véto, rue de Lorimier pendant 2 heures. À brailler toutes les larmes que je pouvais produire. Le véto l'endormirait, puis il le tuerait. Alors que je le tenais, je m'excusais sans cesse de ne pas avoir tenu ma promesse de le ramener à la maison. Je l'avais trahi. Il s'est éteint dans mes bras. J'ai pleuré, pleuré, pleuré, tellement pleuré. Pendant des jours. C'était la peine la plus insurmontable que j'avais jamais eu. Je pouvais pas en revenir.
J'ai compris pourquoi aujourd'hui, quand je me suis remise à chialer dans le bureau fleuri de ma madame rue St-Joseph. Après toute les merdes qui me sont tombés dessus, le plus grand drame de ma vie est la perte de ces deux chats. Et les larmes ne sont toujours pas taries.