16.2.11

Deux chats et un pénis.

Sur le pénis.

Dans un rêve vu hier en direct de mon oreiller. Un asticot géant façon Alien rencontre une palourde royale, ventousé sur une porte de placard. Facile. Sexualité refoulée au point que ça en deviendra une maladie mentale. Je ne fais pas d'appel à tous. J'ai un oeil fixé sur le dernier arrivage russe et l'autre sur la délégation espagnole. Le strabisme divergent aidera-t-il ma cause?

Moving on to the serious subject.

Sur les deux chats.

J'ai braillé pour la première fois. Non je ne suis pas une bitch au coeur désertique et aux glandes lacrimales déficientes. J'ai déterré un secret d'enfance que des dizaines et des dizaines de rendez-vous, rue Cherrier, n'ont même pas su efleurer. 1988 (mettons, c'est peut-être 1986-1989) Je grandi à la campagne. Des champs, des ruisseaux, des vaches. Pas de voisin. Un soir d'hiver un chat miaule sa survie à la porte-patio. Touchée, toute la famille est d'accord pour le nourrir et lui fournir un abris pour la nuit: le sous-sol. Mon frère et moi (et peut-être ma soeur, mais c'est flou) on bâptise justement le chat Ti-Min. Ti-Min est relâché le lendemain matin pour mieux revenir le soir. Boire son bol de lait et dormir dans la chaleur produite par la truie. Le manège se répète jusqu'à ce qu'on découvre que mon père et mon frère sont allergiques au chat. Les nuits de Ti-Min se passaient désormais dans le noir et froid garage. Un jour Ti-Min croise le renard qui galvaudait dans le champs derrière la maison. Il a perdu une patch de fourrure à une de ses pattes. Il a droit au sous-sol ce soir-là. Généreuse enfant que je suis, je lui cède ma doudou et le réconforte et lui disant que papa ira le porter demain chez le vétérinaire et qu'après, tout ira mieux. La visite a lieu chez le vétérinaire, j'y vais avec mon père. On ramène Ti-Min. Je ne sais pas ce qu'on lui a fait, mais j'ai le sentiment que la vie sera vraiment merveilleuse. Il n'y a qu'un dernier rendez-vous chez le véto qui nous sépare d'une grande amitié. Le jour venu, mon père est parti avec le chat, mon chat, avant que je ne sois debout. À mon réveil, je savais que quelque chose n'allait pas, je me suis recroquevillée dans l'escalier, devant la porte donnant sur le garage. Mon père est revenu les mains vides. Je savais que Ti-Min ne reviendrait plus jamais. J'ai pleuré et hurlé tout ce que j'ai pu. Ils avaient promis, qu'il reviendrait. Ce jour-là j'ai perdu la seule chose que je croyais possédé. J'ai été trahie par mes parents. J'avais trahi Ti-Min. J'ai même pas été consolée. J'ai su qu'il fallait faire confiance à personne.

Je n'ai pas oublié la leçon. Je me suis abstenue d'avoir un chat ou un chien ou tout autre animal de compagnie pendant les 16 années qui ont suivies. 2004, une amie a développé des allergies au chat, elle ne peut plus garder le sien. Elle me le donne. C'était un chat touffu, gris, affectueux. C'était mon masso. Piétinait mon dos quasi tous les jours pendant une quinzaine de minutes. J'ai du le faire euthanasier quelques mois seulements après l'avoir pris chez-moi. Je suis restée dans le bureau du véto, rue de Lorimier pendant 2 heures. À brailler toutes les larmes que je pouvais produire. Le véto l'endormirait, puis il le tuerait. Alors que je le tenais, je m'excusais sans cesse de ne pas avoir tenu ma promesse de le ramener à la maison. Je l'avais trahi. Il s'est éteint dans mes bras. J'ai pleuré, pleuré, pleuré, tellement pleuré. Pendant des jours. C'était la peine la plus insurmontable que j'avais jamais eu. Je pouvais pas en revenir.

J'ai compris pourquoi aujourd'hui, quand je me suis remise à chialer dans le bureau fleuri de ma madame rue St-Joseph. Après toute les merdes qui me sont tombés dessus, le plus grand drame de ma vie est la perte de ces deux chats. Et les larmes ne sont toujours pas taries.
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13.2.11

Plan de survie.

C'était pas assez d'avoir acheté un 2e condo en catastrophe, coincée entre un locataire que je prenais en otage et un collègue de travail à qui j'avais loué mon vieil appart. Une semaine aprés avoir emménagé sur Adam, je trouvais la vie plate. Pour ne pas laisser la catalepsie gagner, pour avoir une arme de plus contre la neurasthénie, pour bloquer toute émergence d'insidieuse sinistrose, pour fuir le marasme menaçant, pour ne pas céder à une latente léthargie, j'ai fait venir un disaïgneur d'intérieur.


J'ai des rêves de mezzanine, d'interversion de cuisine et de salle de bain, de démolition de mur, de plancher de béton, de comptoir de béton, de mur de béton, de rangement, de plus de rangement, de toujours plus de rangement. Sur les conseils avisé de mon paternel: «Tu peux pas démolir des murs si ils appartiennent à tous les coproprios. Check ton certificat de localisation.» Euh-k. Fouille, cherche, trouve, confuse (du verbe confuser à ne pas confondre avec confir). Pas le bon numéro de cadastre sur le plan... douteux, mais ça ressemble pas mal à la bonne affaire et les murs y apparaissent pas. Ajouter sur la liste: emprunter grosse masse. En plus du numéro de cadastre confusant, j'ai découvert que faut jamais se fier au nombre de pied carrés mentionnés sur un listing. 600, ça disait. C'est plus 505 en réalité. Je peux ben trouver ça petit. Faut que je maximise l'espace et que j'en rajoute d'une manière ou d'une autre, d'où le disaïgneur. J'ai trouvé FX Studio sur google. C'est le seul qui a répondu. D'ailleurs n'essayer pas de contacter Skazz design, ils répondent pas à leur e-mail. On probablement mieux à faire... Après m'avoir vendu qu'ils étaient dans le Protégez-vous, on a pris rendez-vous, qu'ils ont oubliés. J'ai donné une autre chance. Je pense que j'ai bien fait. F est venu à la maison, a pris des photos en masse, a feuilleté mon scrapbook Ma maison de rêve, vu des échantillons de photos, suggéré des matériaux, m'a décrit le service offert qui inclus une liste des produits suggérés et les contacts des fournisseurs en plus des plans.

Ce sera un projet compliqué. J'ai pas de budget, pas d'échéancier, pas de matériaux. Je vais devoir régler l'histoire du numéro de cadastre, faire approuver les travaux par le syndicat de copropriété et peut-être même  par la ville puisque l'édifice est classé. D'un coup faut que je défonce le plafond du voisin d'en-bas?

Aaah, drame, problème, pression, comme il sera bon de vous retrouver.
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12.2.11

La livraison.

Habiter seule c'est vraiment plus de job. Tu te tapes tout tout le temps. Vaisselles, lavage, ménage, souper, épicerie. Tu fais toujours l'épicerie en plus ou moins petite quantité. Tu peux pas spontannément décider de te faire une énorme sauce à spaghatt sans inclure la livraison dans le budget. 

Hier, en revenant du travail, j'ai fait des courses pour 3 jours. Je suis sorties du Métro avec, en plus de ma stupide boîte à lunch (Je déteste les boîtes à lunch!! Je trouve que ça fait tellement... tite meudame, petit chaperon rouge. Les boîtes à lunch c'es tpour les filles qui se mettent des fleurs dans les cheveux.) j'avais 2 sacs plein et le bucket de litière. Ça fait une semaine que je remets ça parce que ça ne me tente pas de le traîner. Biloxi n'en pouvant plus, c'était devenu impératif d'en ramener un de l'expédition.  J'ai 2 serrures à ouvrir. Ça force le changement de clé. J'ai développé une technique pour le faire d'une seule main, mais c'est pas assez au point pour que je le fasse avec des sacs dans la dite main. Donc j'ai tout posé par terre, ouvert la porte, rentré les sacs, puis scoopé la litière. J'ai refermé derrière moi en partant le chauffage.

Durant la soirée j'ai entendu des bruits provenant de la porte. La cage d'escalier est très écho et des fois c'est juste ce qui se passe dehors qui résonne, ou c'est le chat qui est descendu ou c'est le fantôme. J'ai attendu et je suis quand même allé voir, rien d'anormal, sauf que le chauffage était trop bas. 

Je suis remonté me coucher, pour mieux me réveiller au son violent, insistant, persistant de ma sonnette. Bâtard de marde, c'est qui qui s'énerve!!! Cochonnerie d'intercom pas branché! Y'é où mon pyjama... Aaarrrgh.

 J'ai fini par me faire décente et ai descendu les marches. Un grand black devant la porte. Le doigt toujours collé sur la sonnette. 

Si t'es un témoin de jehova, je sais pas ce que je te fais!!

Il a relaché la sonnette et levé le bras gauche à hauteur des yeux. Dans le cadre de la fenêtre j'ai vu mon trousseau de clé, cliquetant dans sa main...

-Merci monsieur. 
- Oui , il faut pas faire ça madame. Moi je viens de Haïti, un pays pauvre et j'ai besoin de 15$ pour déménager. Vous habitez un pays riche. Il faut pas faire ça.
- Hein? (WTF?????????????) J'ai du laissé les clés en rentrant des sacs hier.
-Il faut pas faire ça, c'est dangeureux. Vous avez de l'argent?  je vais attendre ici sur le palier, il fait froid dehors.

J'ai risqué l'invasion. Je me suis fait réveiller de manière violente. Je me suis fait extorquer de l'argent dans ma propre maison. Seulement parce que j'ai juste 2 mains dans ma vie. La prochaine fois je paie la livraison.

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4.2.11

Orgie à la gouache

Ooooh god. Quoi dire. Vraiment. 
O_o

Un vernissage sur thème d'orgie, hun. C'était plutôt des murs tapissés d'oeuvre principalement copiée de la porno sur le web. Majoritairement de la photo, mais aussi de la gouache, du fusain, de l'encre de chine, de la peinture sur bois (très jolie celle-là), de la sculpture plastique méchanique. Domination, bondage, des vagin guilltotine, beaucoup, beaucoup, beaucoup de godmichet et de vue sur anus. Et... des peluches. Peluches en forme de poupée, de crabe, de steak, de cornet, d'éborgné. Je savais que, à la base, c'était pas tellement mon genre. Mais j'avais quand même espoir d'être surprise. De voir émerger un talent. D'être témoin d'une nouvelle vague. On repassera. Je n'ai pu qu'apprécié le trouble des artistes. Trop pas émue des sujets, mais inquiète de leur état émotionel. Sincèrement. 

Peut-être que, contrairement à la petite foule réunie, je n'ai pas été en mesure de saisir l'ironie, mais me semble on était loin de l'idée que je me fais d'une orgie.
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